L’évasion selon Gizèle

« Allez Gizèle, on se fait la belle », c’est le nouveau site de voyage au nom pour le moins cool qui a débarqué sur le web le 16 septembre dernier. D’une boutique de vélos à Copenhague au quartier cubiste de Prague, en passant par des motards vietnamiens ou des apéros « scientifiques » à San Francisco, la bande à Gizèle propose des reportages chiadés plein de fraîcheur. Une invitation au voyage, hors des sentiers battus, dont nous parle Marion Liautaud, la rédac chef.

Logo du site "Allez Gizèle, on se fait la belle"

Logo du site « Allez Gizèle, on se fait la belle »

Qui se cache derrière Allez Gizèle ?

Nous sommes deux Marseillais proche de la trentaine. On s’est connus sur les bancs du lycée puis après moult péripéties scolaires, sans jamais vraiment se perdre de vue, on s’est installés à Paris. On y vit depuis plusieurs années maintenant. Antoine [Rouan] bosse dans le marketing, il accompagne des entreprises et des marques pour les aider à trouver des idées, et je suis journaliste pour des émissions de télé et en presse écrite. On est assez complémentaires en fait.

De quelle manière l’idée de ce site a t-elle germée ?

J’ai travaillé un moment pour le magazine Ulysse et la rubrique voyage du monde.fr. Le reportage de voyage et la photo m’ont toujours plu. Je trouve que l’on a une liberté de choix du sujet et de ton beaucoup plus importante que dans certaines rubriques. Du coup, j’ai toujours eu en tête de continuer à bosser dans ce milieu là, mais j’attendais d’avoir une vraie bonne idée et de trouver quelqu’un avec qui me lancer. Il y a quelques mois, à force de voir des potes sur Facebook mettre des statuts « Qui a un bon plan à San Francisco? » ou « Y’a quoi à faire le soir à Bruxelles? » et à force de chercher nous mêmes des plans qui nous correspondaient, Antoine et moi, avec nos formations professionnelles respectives, nous nous sommes dit qu’il y avait un truc à monter. Et un vrai regard de journaliste et de photographe à porter sur le voyage. C’est comme ça qu’est née Gizèle.

Un site d’ « inspiration et d’idées de voyage », concrètement qu’est-ce que cela signifie ?

C’est toute l’ambivalence d’Allez Gizèle. On veut aussi bien donner des idées à la personne qui part dans deux semaines en Indonésie et qui cherche des trucs concrets à voir au-delà des forums et des guides de voyage qu’à celle qui est au boulot, devant son ordi en France et qui a envie de lire un petit article ou de regarder des photos histoire de s’évader un peu. On essaie de répondre à une double demande : « Où vais-je pouvoir partir lors de mes prochaines vacances ? Qu’est-ce qu’il y a de cool à faire dans ce pays ? » et « Si au lieu d’aller fumer une clope, je regardais un article d’Allez Gizèle ? » On ne sait pas trop si on y parvient mais en tout cas, on essaie !

Quels doivent être les ingrédients pour un bon sujet Allez Gizèle ?

On ne sait pas trop s’il y a une recette miracle ! En tout cas, pour l’instant, on la cherche encore ! C’est plutôt des coups de coeur qui dépendent un peu de la personnalité du journaliste qui va écrire l’article. On essaie de structurer nos papiers autour d’un sujet, avec un angle précis, une adresse pour que le lecteur puisse y aller et des photos ou de la vidéo. A partir de là, chacun fait sa sauce.

Vous y allez donc un peu au feeling ?

L’article du Ghana de Paul [Blondé], par exemple, c’est vraiment une expérience qu’il nous a raconté en rentrant en nous disant en riant, « La semaine dernière j’ai fumé d’énormes joints avec des rastas au fin fond du Ghana ». C’est comme ça que l’idée du papier lui est venue. L’Overland Track en Tasmanie, c’est un peu la même histoire, je me retrouve là-bas envoyée par un journal en me demandant un peu ce que je fais là. Je ne suis pas du tout entrainée pour cette rando, les paysages me scotchent complètement, ça me paraît surréaliste. A partir de là, je me dis qu’il y a un article à écrire pour Gizèle. Quand on sait à l’avance que l’on va être envoyé dans un pays, c’est un petit peu différent, on bosse bien la destination en amont pour voir ce qui peut nous intéresser et on contacte des locaux pour connaître un peu mieux l’endroit. C’est exactement comme pour les sujets de journalisme « classiques » qu’on a l’habitude de faire dans une rédac.

Vous adressez-vous à une cible particulière ?

Le public est très très large. Si on devait définir une tranche d’âge, ce serait celle des 25-35 ans. Pour le reste, c’est vaste : fille, garçon, en couple, célibataire, sportive, fêtard, gay, hétéro, végétarienne peu importe. On croit et on espère qu’il y en a pour tous les goûts. Le reste, on le laisse à l’appréciation de chacun. On écrit sur des endroits qui nous plaisent, avec des idées qui nous plaisent. Les articles et les sujets sont tous hyper différents.

Mais, face à une pléthore de sites et de blogs de voyage, que pensez-vous apporter de plus ?

On apporte rien de « plus », ce serait très prétentieux et surtout très faux de dire ça ! Par contre, on essaie effectivement d’avoir un regard différent d’un guide papier, d’un magazine mainstream, d’un blog de voyage . Chacun a son utilité. En ce qui nous concerne, notre réflexion est celle-ci : au moment de lancer ce site, on a constaté que dans le domaine du journalisme, il n’existait aucun support destiné spécifiquement à notre tranche d’âge et qui parlait de voyage. On a fait ce constat parce qu’on voyage, qu’on a trente ans et qu’on a pas réussi à trouver un média qui nous ressemble sur ce sujet là. Du coup, on a lancé Allez Gizèle. On verra bien si ça plait ! On croise les doigts !

Et finalement, pourquoi « Allez Gizèle » ?

Le nom exact est en fait :  « Allez Gizèle, on se fait la belle ». C’est marrant mais le nom, c’est le truc qui nous a vraiment pris beaucoup de temps. On avait l’idée générale du projet, il fallait ajuster, voir avec le DA [directeur artistique] ce qu’il était possible de faire en terme de contenu et de graphisme. Le nom, on ne l’avait pas. On attendait qu’il sorte d’un coup du chapeau après une énième discussion ou autour d’un énième verre avec des potes. On voulait un truc entraînant, marrant, qui donne envie de partir et on a accroché sur l’expression « On se fait la belle ». Gizèle est arrivée ensuite, pour la rime et parce qu’on trouvait ça sympa : un prénom que les gens de la cible ne risqueraient pas trop de porter mais qui, en même temps, se démarque un peu de la vague des prénoms anciens plus classiques qu’on observe actuellement. Et puis, on a mis un « z ». Ne nous demande pas pourquoi, on aura du mal à répondre ! Mais on l’a fait et on a choisit « Allez Gizèle, on se fait la belle » !

Propos recueillis par Mathieu Perrichet.

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