Copé/Fillon : L’UMP a deux papas

Hier se déroulait l’élection du futur président de l’UMP. Ses adhérents étaient appelés aux urnes afin de départager François Fillon et Jean-François Copé.

Déprimant ou réjouissant selon la position de chacun sur l’échiquier politique, l’élection du prochain président de l’UMP offre un spectacle plutôt déroutant voire grotesque. Près de 24 heures après la fin du scrutin, personne ne sait encore qui sera à la tête du parti pour les trois prochaines années. Mieux, les deux candidats se sont tous les deux déclarés vainqueurs, persistant à camper sur leurs positions. En pleine contestation des intégristes de Civitas contre le mariage pour tous, le parti de droite se retrouve donc avec… deux papas.

L’exercice démocratique qui se voulait exemplaire a ainsi tourné au fiasco. Si le taux de participation a été assez élevé – ce qui est une bonne chose -, un vent venu de Russie semble avoir soufflé au dessus des isoloirs. Bourrages d’urnes, soupçons de fraudes, les deux rivaux s’accusent de tricheries. Il n’en fallait pas plus pour plonger l’UMP en plein psychodrame. Depuis hier soir, les lieutenants de chaque camp s’affrontent dans les médias, n’y allant pas avec le dos de la cuillère. De quoi creuser un peu plus le schisme au sein d’un parti à la recherche d’un nouveau souffle.

Joue-la comme Royal

De l’avis d’Alain Juppé, qui se pose en médiateur, cette confusion ne peut que ternir l’image d’une UMP en danger. D’ailleurs, cette crise interne n’est pas sans rappeler celle qu’avait connu le Parti Socialiste après le congrès de Reims en novembre 2008. A l’heure de désigner le futur premier secrétaire du parti, le camp de Martine Aubry et celui de Ségolène Royal s’étaient violemment déchirés. La présidente du conseil régional de Poitou-Charentes, battue lors du scrutin, avait alors, là aussi, dénoncé des fraudes. Une guerre des chefs dont le PS avait eu du mal à se remettre.

Malheureusement, dans ce genre d’histoires, c’est la démocratie dans son ensemble qui en prend un coup. A la Commission d’Organisation et de Contrôle des Opérations Électorales (COCOE) de trancher ce duel fratricide et peu reluisant avant que l’UMP ne perde définitivement la tête.

Mathieu Perrichet

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